Archives de l’auteur : Julie Charlot

Dispositif « Des cinés, la vie » et réalisation de court-métrage (PJJ)

Initiée en 2006, Des cinés, la vie ! (DCLV) est aujourd’hui une opération nationale reconnue et à succès croissant auprès des jeunes accompagné·es par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et le secteur associatif habilité, les classes relais et les dispositifs de prévention spécialisée. Organisée par l’association Passeurs d’images depuis 2018 et financée au niveau national par le Centre national du cinéma et de l’image animée, le ministère de la Justice – Direction de la protection judiciaire de la jeunesse et le ministère de la Culture – Service de la coordination des politiques culturelles et de l’innovation, elle fait partie du catalogue des manifestations nationales de la PJJ et dans ce cadre, son portage est confié à la Direction Interrégionale de la PJJ en Ile-de-France et outre-mer.

Un réseau qui se déploie sur les territoires

Les conseiller·ères techniques de la PJJ gèrent l’organisation pratique de l’action au niveau régional. Ils·elles gèrent les partenariats entre les structures et les relais culturels ainsi que le suivi des inscriptions et de l’évaluation. Les conseiller·ères en charge des dossiers « culture/justice » et/ou « cinéma/audiovisuel » dans les DRAC (Direction régionale des affaires culturels) facilitent, par leur expertise territoriale, la bonne mise en oeuvre de l’opération. Les coordinations régionales Passeurs d’images sont des interlocutrices privilégiées pour l’accompagnement de DCLV et organisent des formations, des séances de projection, des projets pédagogiques annexes incluant des rencontres avec des réalisateur·trices ou des ateliers de pratique. Les relais DCLV sont des structures culturelles (cinémas, médiathèques, associations) dont le partenariat avec les référent·es et les structures de la PJJ vise à organiser des projections pour les jeunes et à favoriser les rencontres avec des professionnel·les de l’image. Les professionel·les des services éducatifs de la PJJ référents organisent les projections des films, accompagnent les débats et activités, rassemblent les votes des jeunes, encadrent la participation à la remise de prix et établissent la fiche d’évaluation.

Des professionnel·les de l’image et des artistes accompagnent les jeunes dans la découverte des films et dans des activités de pratique artistique et culturelle., c’est à ce niveau qu’intervient Makiz’art.

EN 2021 Makiz’art a organisé 3 séances de projection-débat et 1 séance de formation pour les éducateurs de la PJJ Loire-Atlantique. Le programme était constitué de 12 courts-métrages de type art et essai, représentatifs des nombreuses « techniques » de cinéma (documentaire, fiction, animation, expérimental…). Les séances se sont exceptionnellement déroulées dans la salle polyvalente du CSC Bellevue-Accoord en présence d’un professionnel du cinéma.

Au terme des 3 séances, et après débat, les jeunes votent pour leurs films préférés. Un prix est décerné chaque année à la Cinémathèque pour le film ayant reçu le plus de suffrages. En janvier, une journée de formation a été proposée aux éducateurs des structures de la PJJ. L’objectif est de faire découvrir l’opération
Des Cinés la Vie à un plus grand nombre de structures du département, en présentant aux éducateurs le dispositif et les films sélectionnés lors d’une séance rencontre, et d’aborder avec eux la manière de sensibiliser les jeunes à l’opération et aux films sélectionnés.

Les séances de Des cinés la vie ont permis d’aller plus loin et de proposer à plusieurs jeunes suivi par la PJJ de s’essayer à la réalisation.

Après la projection et l’analyse de plusieurs courts-métrages, les jeunes ont été initiés à la technique image et son à travers des exercices pratiques. Chacun a proposé une histoire, ils ont voté pour sélectionner celle qu’ils voulaient réaliser. Ensuite, ils ont écrit le scenario et fait le découpage technique et le dépouillement. Ils ont recherché les décors et les costumes. Nous avons tourné pendant deux jours à Pol-n, dans le centre ville de Nantes et dans le local jus de pommes de la PJJ. Les jeunes ont pu présenter leur film « J’avais pas le choix » lors de la soirée de restitution à Pol-n, en présence de leurs familles et éducateurs.

L’objectif principal était d’initier un groupe de jeunes à la narration cinématographique afin de leur permettre d’acquérir un nouveau moyen d‘expression. Nous les avons sensibilisés à différentes techniques afin qu’ils s’en emparent et qu’ils puissent déterminer les histoires, les points de vue et les émotions qu’ils veulent partager au grand public. Ce projet a été conçu comme une résidence artistique : laboratoire d’apprentissage des techniques de son et d’image, ateliers d’écriture et de création, structuration du tournage, tournage.

Paertenaires : Services de la PJJ et structures associatives habilitées, Passeurs d’Images, DT PJJ (44/85), Le Cinématographe.

Tout ce qui n’a pas de fin mérite révolution

film collectif – 2016 – 17 min

Dans un monde post-apocalyptique, les retrouvailles d’un père et de son fils vont être perturbées par une rencontre inattendue.

Faire un film avec plein de monde sans hiérarchie, est-ce possible ?

C’est ce que nous avons tenté d’expérimenter dans notre collectif. On tire au sort qui réalise quelle séquence, le scénario passe de mains en mains, façon cadavre exquis. On demande à membre du collectif de mettre la main à la pâte avec ses compétences techniques pour créer une image, un cadre, une lumière, un décor. Puis on se réunit un week-end et on tourne. En fin de parcours on monte, on démonte et on remonte, jusqu’à ce qu’on ait notre film.

CinéMahdia

Le projet « CinéMahdia » a vu le jour suite à une mission effectuée en Tunisie en Juin 2014 pour le Conseil Général de la Loire Atlantique. Dans le cadre de la coopération décentralisée, un projet de coopération internationale lie le Département avec le gouvernorat de Mahdia en Tunisie depuis 1992.

Entre 2014 et 2019, nous avons effectué 5 sessions d’ateliers d’éducation à l’image pour des élèves du secondaires et de formations techniques, pédagogiques et artistiques auprès de futurs intervenants tunisiens.

Ces expériences nous ont permis de mieux appréhender les problématiques liées au territoire et d’en cerner les besoins, guidés par l’expertise de nos partenaires locaux. En juillet 2019, deux intervenants se sont rendus 15 jours sur la ville de Mahdia pour accompagner les clubs de citoyenneté du Collège Lumbroso et du Lycée Mixte dans la réalisation des courts-métrages de fiction. L’action a été co construite avec les associations Pensées Nationales Libres et le Sociordi. Durant ce séjour, nous avons également commencé à amorcer un projet collectif entre les membres de Makiz’Art, de Pensées Nationales Libres et de Sociordi.

En 2022 est né un nouveau cycle de coopération en partenariat avec l’Institut Français visant à la formation de professeurs et d’animateurs dans la région mahdoise. L’élargissement du projet vers les territoires ruraux a été identifié comme une priorité par notre partenaire tunisien. Ces formations ont pour objectif de transmettre les connaissances théoriques et pratiques nécessaires aux ateliers cinéma ainsi que des méthodes pédagogiques en vue de créer des clubs cinéma. Ce projet s’articule en 3 phases : la formation, le développement des ateliers en autonomie ainsi que la continuité pédagogique et la restitution finale.